Lettre à mon pays

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France.

Ou es-tu ? 
Qu’es-tu devenu ? 
Pourquoi n’ai-je que des mauvaises nouvelles de toi ? 
Comment as-tu pu en arriver là ?

2000 ans d’histoire, parfois de gloire, souvent de grandeur mais toujours avec le désir de bien faire à défaut de toujours faire le bien. 
2000 ans d’histoire anéanties en moins de 40 ans de corporatismes, de clientélismes, de mensonges et de duperies sur le dos d’un peuple trop content de croire que nous sommes encore une grande nation avec de grands dirigeants.

Je suis un de tes enfants nés dans la Vème République.

Cette Vème République qui a vu, au sortir d’une des pires épreuves qu’est vécu notre pays avec la collaboration, le sursaut d’une nation guidée par un Charles de Gaulle éclairé, puis son anéantissement par un régime d’oligarques qui par démagogie, utopie, incompétence, ont bradé les fondements de notre société.

Exit la notion de nation, quid de son indépendance, de son savoir, de sa cohésion, de ses intérêts, de sa sécurité, de sa justice, de ses valeurs, de sa culture ?

C’est depuis longtemps déjà la fin d’une époque, la fin du leadership d’hommes et de femmes animés d’un idéal, qui ont finis par cultiver leur ego et leur compte en banque plutôt que de servir l’intérêt général. 
  
Et tout cela pour quoi ?

Pour qu’au final nous devions finir par rejeter un modèle datant de 1936 et de 1946, qui nous a été très bien vendu parce que adapté à son époque, et que nous savions pourtant déjà dépassé dès le milieu des années 70.
Pour qu’au final, nous trouvions normal aujourd’hui de désacraliser la fonction suprême de président de la république dont la seule finalité de son existence est justement la sauvegarde du bien commun.
Pour qu’au final, nos représentants, que nous avons élus, dorment ou font 1001 autres choses au lieu d’accomplir à l’assemblées et au sénat,  ce que pour quoi nos impôts les payent grassement, à savoir te sortir du trou ou ils t’ont eu même mis grâce à leurs décisions.
Pour qu’au final, personne n’ait le courage de changer un système trop généreux, basé sur l’assistanat et non la responsabilisation, alors que ceux qui en abusent, et qui bien souvent n’apportent strictement rien à leur « nouvelle terre d’asile »,  savent très bien faire culpabiliser nos dirigeants et faire payer les autres. 
Pour qu’au final, ton drapeau, ton hymne, tes institutions soient salis, détruis et que personne n’y trouve rien à redire en se cachant derrière la phrase « France, terre des droits de l’homme ».
Pour qu’au final nous ne soyons même plus conscients d’être la risée des autres nations, et de trouver normal de te vouloir du mal en espérant que cela te fera du bien.

Comment dois-je faire pour croire encore en toi ?

Ne vois-tu pas le rejet en bloc d’une Europe technocratique incapable d’imprimer la rigueur que la situation du monde exige, trop soucieuse de pondre des lois plus vite que la meilleure poule pondeuse de nos merveilleux élevages industriels ? 
Le rejet en bloc d’une caste politique incapable de dépasser ses luttes de pouvoirs et ses intérêts personnels pour légiférer le progrès social, quitte à faire la pute et à oublier le sens des mots honneur et fierté ?
Le rejet d’une société consumériste et égoïste, où le parvenu par l’argent écrase l’engagement, la responsabilité, la compétence et le risque individuel !!
Le rejet en bloc des cartels créés par des syndicats bouffis, assis sur leurs lauriers et leur pactole depuis des années et créateurs des castes ou le fonctionnaire est dépeint à outrance comme l’ennemi du libéral, ou le patron est à abattre même si certains donnerait tout pour son entreprise. 
Le rejet d’une société qui protège celui qui vole, qui détruit ce qu’a construit ses parents et ses grands-parents au sortir des guerres d’indépendances, au point de créer une justice à deux vitesses.

Mais sois rassuré, ton peuple ne veut que bouffer, peu importe qui le nourrit. Ton peuple ne veut pas trop de sacrifices et ne veut que bien vivre sans trop se poser de questions sur l'origine de l’argent qu’il dépense et de l'augmentation de sa dette. 

Ton peuple râle et ne veut rien changer.

Sommes-nous inconscient et hors de la réalité à ce point ?

Nous ne sommes plus capables de faire avancer le monde, de le faire rêver par nos idées philosophiques, par notre langue, par notre culture qui ont fait autre fois de nous l’une des plus grandes nations de l’histoire !
J’ai de la peine.

Que peuvent bien penser tous ces hommes et ces femmes des cinq continents qui sont venues se faire tuer sur ton sol pour défendre une idée commune de la France, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, et l’image qu’ils en avaient ?
Je sens la honte m’envahir quand je regarde nos dirigeants avachis dans leur fange et leur peuple devenu valet de leur pseudo bien-être matériel et des idées sociales bien pensantes qui minent tes fondations. 
Je me sens en colère et fataliste quand je vois que nous continuons à accueillir, de grès ou de force, une partie de la misère du monde alors que nous n’arrivons même pas à loger et à nourrir décemment ceux qui veulent participer à l’effort collectif. 

Que faudra-t-il pour que ceux qui veulent et qui peuvent te faire avancer se décident enfin à œuvrer ensemble ?

Je n’en sais rien. 

Je crains et j’espère à la fois que ce sera brutal et soudain, pour que nos gouvernants bedonnants goutent avec horreur le fumier dans lequel ils nous ont jeté et sur lequel ils chantent avec toujours autant de conviction et d’arrogance tel notre emblème, le coq.

Inutile de sortir de l’ENA pour faire un constat.

Les rapports aux temps et aux distances ont changé. La rapidité que le numérique nous apporte en termes de collecte de renseignement font, qu’un seul homme qui possède l’information privilégiée peut décider, dans l’instant et sans concertation, le destin d’un pays et de son peuple, d’une société et de ses employés,  sans que le moindre garde-fou ne puisse limiter ses délires, ou presque. 
S’il dit de ne pas savoir ou feint d’être surpris… C’est certains, il ment !

Notre Constitution en donnant le maximum de pouvoir à un esprit éclairé donne malheureusement les mêmes pouvoirs aux incapables ou aux schizophrènes. Dans ces conditions, seule une réforme des pouvoirs, assortie de contre-pouvoirs, est à même de limiter les risques et de remettre la nation dans le droit chemin. 

Mais le voulons-nous ?

L’intérêt national, dans cette épisode désastreux impose de resserrer le pouvoir dans un gouvernement d’union nationale fait d’hommes et de femmes volontaires, ayant fait leurs preuves, et décidés à renflouer l’épave France. Ces hommes et ces femmes existent, mais leur promotion impose de balayer au préalable les vieilles badernes de la Vème sous peine de voir ressurgir les fantômes de 1933 et de 1940.

Tant qu’à moi… 

J’y ai cru en donnant quelques années sous le drapeau pour défendre à ma manière, et avec fierté, l’image que j’ai de toi et de ce qui te compose. 
J’y ai cru en choisissant de revenir après un exil volontaire de 8 ans, certains que j’avais plus à faire ici qu’ailleurs. 
J’y ai cru en déposant mon vote dans l’urne à chaque fois, conscient de la chance que j’ai de vivre, malgré tout, dans une démocratie.
Mais là… Je ne sais plus.
Je n’ai que des envies de fuite au vue de ce mur vers lequel nous nous dirigeons sans réagir vraiment, en suivant, comme drogués, les guignols postés sur les plus hauts strapontins de l’état et des conseils d’administrations, et  qui pourtant ne prêtent pas du tout à sourire. 

France, je t’aime toujours mais je n’aime pas ce que tu es devenue.

Phyl.





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